Bonjour.
Pourriez-vous en quelques mots vous présenter à nos chers
internautes ?
52 ans marié 2 enfants. Après des études
techniques et 1 an détudes bancaires, jai passé
8 ans en Guadeloupe (Antilles) à diriger une usine de fabrication
de gaz industriels, puis 9 ans à créer une structure touristique
dans le Jura et depuis 13 ans, dont 10 aux 7 Laux, je dirige des sociétés
dexploitation de domaine skiable.
Pouvez-vous définir
les grands axes du métier de directeur de station ?
Je suis un arbitre. " Pour être patron, il ne faut pas être
trop intelligent. Il faut surtout avoir la capacité de simplifier
les choix, de les ramener à deux solutions et de trancher en
faveur de lune et surtout de sy tenir ". Ce nest
pas de moi
mais jaime bien.
En règle
générale, quelles sont les responsabilités légales
dun directeur de station ?
Il reçoit de lautorité délégante (une
ou plusieurs communes) la mission dexploiter le domaine skiable.
Cest un service de transport public, ce qui entraîne de
nombreuses contraintes (sécurité accessibilité
ouverture
). Cest un service de transport contrôlé
par les services de lEtat (DDE).
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petit matin
à Prapoutel - photo Guillaume Lahure
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En quoi consiste
votre travail quotidien en hiver ?
La gestion sociale de lentreprise est une part importante de mon
activité.
Trouver les compétences, les gérer, les former
.
Mais le directeur doit aussi être la personne qui permet à
ses équipes de travailler. Établir les programmes dinvestissement.
Trouver des financements. Suivre les ratios de gestion. Établir
des conventions. Gérer les conflits avec les propriétaires,
les collectivités, les commerçants ou les structures nombreuses
des stations (ESF Club Office de tourisme).
Quel a été
votre parcours pour arriver à ce poste ?
Je gérais une structure touristique privée lorsque jai
été contacté en 1987 par la SCET (filiale de la
Caisse des Dépôts) pour créer et démarrer
une Société dEconomie Mixte afin de gérer
plusieurs petites stations en Savoie. Puis on ma demandé
de faire un plan de redressement aux 7 Laux et de lappliquer (1991).
Quelle est, selon
vous, la partie la plus intéressante de votre travail et inversement,
quelles tâches vous semblent les plus fastidieuses ? Avez-vous
des anecdotes ?
Curieusement, lintérêt de ce travail est la diversité
.
Vous travaillez à mettre en place un investissement de 50 millions
et vous devez répondre à un client qui veut voir la direction
pour un problème de téléski qui a fermé
5 minutes trop tôt à son goût. Ce qui est le plus
difficile, cest de supporter les conseils de tous les clients
.
On ne dit pas à un médecin ou à un menuisier comment
il faut faire
. Mais à un directeur de station, on passe
son temps à lui expliquer comment il devrait faire pour être
plus performant ! ! ! !
Maintenant que
les marques de ski communiquent sur le freeride et que cela a un véritable
impact sur le grand public, comment réagissez-vous au niveau
de laménagement du domaine skiable ?
Nous avons un site tout à fait adapté au freeride et nous
ne faisons pas daménagement spécifique
. Par
contre, la pratique par assimilation de néophytes pose des problèmes.
Nous aimons les professionnels qui savent apprécier leur niveau
et les risques que cachent la montagne
. Nous sommes très
méfiants envers les apprentis qui finissent toujours par prouver
que ce qui leur arrive est de notre faute.
Depuis quelques
années, beaucoup de gens ont le désir de préserver
la montagne, tout en profitant également des aménagements.
Comment réagissez-vous à ce type de demande ? À
quel point êtes-vous sensible à laspect écologique
?
En arrivant aux 7 Laux, je navais pas de problème de cet
ordre
. En effet, le domaine est vaste et en 9 ans, jai passé
le nombre de remontées mécaniques de 36 à 25
. Je désarme, jenterre les réseaux électriques
(il y a presque 100 pylônes de moins quil y a 10 ans). Nous
sommes très sensibles à laspect écologique.
Par intérêt
. Pour les pistes, par exemple, nous
regazonnons pour éviter lérosion par les eaux découlement
et améliorer le ski lorsquil y a peu de neige.
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- photo OT
Les Sept Laux
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Comment restez-vous
au courant des nouvelles technologies relatives à votre activité
?
Il faut toujours rester en éveil. Lorsque vous intervenez sur
des personnels, la plus grosse difficulté est de faire changer
les modes de fonctionnement et les habitudes
. Il faut donc être
très réactif à tout sans se faire piéger
car pour une petite société, linnovation mal réfléchie
coûte très chère.
Comment prenez-vous
conscience des demandes du grand public ?
Nous avons des systèmes assez élaborés découte
.
Cest le choix entre des demandes souvent opposées qui est
important
. Vous ne pouvez pas être le meilleur en freeride,
pour la famille, pour les fondeurs
.
Depuis combien
de temps êtes-vous directeur de station et quelles sont les évolutions/différences
entre le métier daujourdhui et celui dil y
a vingt ans ?
Je dirige des activités touristiques depuis 22 ans et des exploitations
de domaine skiable depuis 13 ans. Il y a seulement 5 ans, je navais
jamais eu de contentieux (commercial, social, juridique, administratif
ou pénal). Depuis quelques années, les contentieux existent
et dans toutes les juridictions
. Les grosses sociétés
ont leur propre avocat
. Et la tendance nest pas à
la diminution. Nos exploitations ne sont pas assez protégées
lorsque le client est hors de nos pistes (hors de notre domaine dexploitation).
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Mick Midali
- photo OT Les Sept Laux
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Dans quelles
mesures les nouvelles technologies (remontées mécaniques,
gestion des avalanches, dispositif de sécurité) facilitent-elles
votre travail ? Quel est limpact sur le consommateur ?
Il y a une course énorme à linvestissement dans
tous les domaines
. Remontées mécaniques, gestion
des avalanches, damage des pistes
. Avec des résultats puisque
nous progressons. Mais il existe aussi des choix assez contrastés
.
Par exemple : les pistes sont plus belles
. Les gens vont trop
vite. Les remontées sont confortables et performantes
.
Il y a de plus en plus de monde sur les pistes...
Internet a-t-il
eu un impact sur votre travail ? Pensez-vous que ce dernier ait fait
changer le comportement des consommateurs ? Comment envisagez-vous lavenir
de ce média en montagne ?
Oui, Internet a un impact sur notre travail
. Pour le moment, cest
en compte de charge
. Le risque avec la rapidité de linformation
et des informations fiables, cest que les jours de mauvais temps
ou de temps moyen, la station soit vide
. Et les jours de beau
temps, la station complètement saturée. La webcam participe
à ce phénomène
. Les bulletins météo
aussi
. Quand Météo France prévoit un mauvais
dimanche, même sil fait beau, on a peu de monde
.
Avec la vente sur le Net, on va peut-être éviter la queue
aux caisses en vendant des contremarques.
En tant que directeur
de lexploitation dune station, quels conseils pourriez-vous
apporter à ceux qui partent en station cet hiver ?
Le ski reste une formidable activité conviviale que lon
pratique en famille ou entre amis
.
Cest le grand air, la nature, le sport
. Cest bon
!
Skiez décalé
.
Skiez quand il fait mauvais : cest bon den baver dans la
peuf
.
Skiez du lundi au vendredi : PROFITEZ DES 35 HEURES
.
Si vous venez le samedi ou le dimanche, skiez sur le Pouta et lOudis
le matin et sur Oursière et Morille laprès-midi.
À bientôt

Texte
: Charles Glass & Georges Marchand
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