home
English Deutsch Nederlands Italiano trans
spa horizon travel horizon
trans trans
Toutes vos vacances au ski, le conseil en plus !
trans
trans trans
trans Contactez-nous
contact Contactez-nous
contact Recevez nos meilleures offres

4-1-2001
 
Edition 4

 

 

 

Enceinte aux sports d’hiver

Vous venez juste de sortir de chez votre gynécologue, et il vient de prononcer la célèbre phrase: " j’ai une bonne nouvelle pour vous… " Eh oui, réjouissez-vous, vous voici enceinte, porteuse d’un espoir de plus pour l’humanité, qui verra le jour dans 9 mois ! Recevez les félicitations les plus enthousiastes de la part de la Marmotte Géante ! A mon âge, je n’espère plus de telles joies, mais, comme toute marmotte qui se respecte, je connais bien la montagne et les skieurs qui viennent sans relâche me friser les moustaches pendant la saison d’hiver. Alors permettez-moi, Madame, Mademoiselle, de vous prodiguer quelques conseils si d’aventures vous souhaitiez partir aux sports d’hiver.

Petite histoire de l’embryon et du fœtus

Tout d’abord, rappelons brièvement quelles étapes votre vie de future maman skieuse va voir se succéder. 60 heures après la fécondation, vous portez en vous une toute petite boule de 16 cellules appelée Murula, de par sa ressemblance à une mûre. Dans les jours qui suivent, les cellules se divisent, se multiplient et se différencient. La croissance de l’œuf originel a débuté. Pendant ce temps, il migre gentiment pour aller prendre place au sein de la muqueuse utérine. Dès lors, votre bébé a besoin de vous. C’est de vous que l’embryon va se nourrir et s’oxygéner, et vers vous qu’il va rejeter ses déchets. Lové dans la cavité amniotique, relié à votre placenta par le cordon ombilical, ce petit haricot ne cessera plus de grandir jusqu’à l’accouchement. Si ce n’était fait avant, il est grand temps de prendre particulièrement soin de vous.

A la fin du deuxième mois, l’embryon atteint 3 centimètres ! Autant dire que vous ne ressentez pas une grande gêne physique. En revanche, nausées, fringales et malaises risquent de perturber votre vie quotidienne. Nourrissez-vous soigneusement, prenez des repas légers et fréquents, et surtout hydratez-vous généreusement.

Dès la fin du troisième mois, vous portez un petit bonhomme ou une petite bonne femme, qui mesure 10 cm, qui a une grosse tête, des bras, des jambes, un cœur qui bat très vite (110 à 160 battements par minute), et que l’on appelle maintenant un fœtus. Votre organisme commence à réagir à ses exigences : votre cœur bat plus vite, vos reins travaillent davantage.

Ensuite, vos nausées et vos fatigues disparaissent, et votre bébé gagne en autonomie. Cependant, il reste très sensible à vos émotions. De même, sa température et son rythme cardiaque sont liées aux vôtres. Vous pouvez sentir ses mouvements. Votre silhouette s’arrondit à vue d’œil, ce qui risque de provoquer quelques douleurs dorsales. Votre masse sanguine augmente, occasionnant quelques troubles comme les jambes lourdes, les varices, et une diminution de la pression artérielle à l’origine de quelques vertiges.

Dès le début du septième mois, le bébé, qui a atteint 1 kg et 34 cm, est viable. Ce n’est pas pour autant qu’il faut provoquer une naissance prématurée : il ne s’oriente favorablement à l’accouchement qu’au huitième mois. Six semaines avant le terme, si vous travaillez, la loi française vous permet de prendre un congé maternel, qui durera au moins trois mois. Cela signifie que le moment est venu de vous reposer. Pour vous, skieuse éventuelle, l’histoire s’arête ici. Bonne chance pour votre vie de maman !

Votre organisme et le sport

Les conséquences physiologiques de la grossesse, plus ou moins liées à la présence de votre bébé, vont avoir des répercussions sur votre manière de pratiquer les sports d’hiver, et plus simplement les sports en général. Voyons les principales.

Le sport à deux

La première constatation qui vient à l’esprit est que vous n’êtes plus seule à vivre dans votre peau. Cet être que vous portez en vous, il va falloir le nourrir, l’hydrater, le déplacer et le tenir à l’abri des agressions extérieures.

Premièrement, cela signifie que vous devez maintenant aborder le sport de manière modérée : ne consommez pas toutes vos réserves d’eau et d’énergie pour la pratique de vote sport favori, laissez une part substantielle à votre hôte !

Deuxièmement, cela signifie que vous devez penser à éviter tout traumatisme. Veillez plus que jamais à prévenir les chutes et les collisions. Ce n’est peut-être pas le meilleur moment pour vous mettre au freestyle ! Un choc maternel très violent peut entraîner une contraction des vaisseaux sanguins de l’utérus et du placenta qui cause la mort du fœtus par manque d’oxygène. Néanmoins, jusqu’au troisième mois, le risque demeure très faible : la majorité des fausses couches précoces n’est pas liée à des traumatismes. Ensuite, lorsque le fœtus atteint une taille et un poids plus importants, la rupture utérine, le décollement placentaire et les hémorragies qui peuvent survenir lors de traumatismes violents peuvent également menacer la vie du fœtus.

Ceci dit, il n’est nul besoin de s’alarmer outre mesure, car ce type d’accidents concerne beaucoup plus les trajets en voiture que les descentes à ski : ils n’ont lieu que lors de chocs particulièrement violents. De plus, passé six mois de grossesse, l’envie de faire des cabrioles sur une ou deux planches vous aura naturellement quitté : vous allez vous essouffler assez rapidement à cause de votre embonpoint et de la réduction du volume de votre cage thoracique due à la pression du fœtus sur votre diaphragme.

" Et moi, alors, dans tout ça ? "

Hé bien oui, vous ? Si vous êtes deux, cela signifie qu’il faut penser également à vous-même, et pas uniquement au petit ou à la petite… tout d’abord par pur altruisme, car si vous-même êtes en pleine forme et détendue, votre bébé en profitera, mais également parce que la grossesse ne signifie pas qu’il est temps pour vous d’abandonner toute activité physique. C’est pendant –et cela au moins autant qu’avant ou après- votre grossesse, que le sport, pratiqué modérément, peut vous aider à vous sentir en forme et bien dans votre peau. Il s’agit même d’une forme d’investissement, puisque vous récupérerez plus vite après l’accouchement si vous avez conservé une activité physique régulière pendant votre grossesse. De plus, même si l’on prend en compte les risques de traumatismes cités plus haut, le risque d’accouchement prématuré n’augmente pas avec la pratique du sport. Cette dernière est même bénéfique pour l’accouchement, car elle semble diminuer la durée du travail et la nécessité de certaines interventions chirurgicales.

Enceinte aux sports d’hiver ?

Maintenant que nous sommes à-peu-près certains que la pratique modérée d’un sport est tout à fait recommandée tant que l’envie s’en fait ressentir, et que votre gynécologue ne vous l’a pas contre-indiqué, il reste encore à examiner de près le cas particulier des sports d’hiver.

Grossesse et altitude

Tout d’abord, les sports d’hiver ont tous en commun de se pratiquer en montagne, c’est-à-dire dans un environnement un peu particulier :

  • la température extérieure chute, à raison de 6,5°C tous les 1000 m,
  • le rayonnement solaire augmente avec l’altitude, de 2 à 4 % pour 100 m jusqu’à 2000 m, et d’environ 1 % au-delà,
  • la pression partielle de vapeur d’eau diminue, favorisant la déshydratation,
  • la pression hygrométrique diminue, ce qui provoque un déficit en oxygène dans l’organisme (on parle d’hypoxie). L’organisme réagit, puis, après quelques jours, s’adapte à l’hypoxie, pour peu que le sujet ne dépasse pas 3500 m, altitude au-delà de laquelle la compensation devient incomplète.

De tous ces facteurs, aucun ne menace la femme enceinte plus spécifiquement que chacun d’entre nous. Néanmoins, vous devez tenir compte pour deux de leurs effets : vêtez-vous chaudement, portez des lunettes, buvez abondamment, et prenez garde au mal aigu des montagnes (MAM) ; à 3000 m, 30 % des femmes enceintes non habituées peuvent y être sensible. Après l’accouchement, vous aurez tout le temps de réaliser la descente à skis du Mont-Blanc dont vous rêvez depuis si longtemps !

Recommandations pratiques

En résumé, si vous tenez compte de vos envies, de l’avis de votre médecin et des modifications de votre organisme (votre centre de gravité s’est déplacé et vos ligaments assouplis), vous devriez être la future maman que j’espère voir passer devant l’un de mes terriers géants cet hiver. Il ne vous reste plus qu’à choisir votre moyen de transport :

  • Ski alpin, snowboard, télémark, monoski, skwal : pratique déconseillée en raison des risques de chutes et de traumatisme abdominal
  • Ski de fond, raquettes : pratique conseillée
  • Ski de randonnée : pratique conseillée, à condition de passer les nuits à des altitudes inférieures à 2500 m
  • Compétition : exclue, surtout s’il s’agit du championnat du monde de ski extrême.Pour en savoir (beaucoup) plus : " Le livre de l'interne : Obstétrique ", Ed. Flammarion, Paris (Auteurs : Hohlfeld P, Marty F, De Grandi P, Tissot JD, Bossart H).

Texte: Laurent Schillinger

 

retour au sommaire

le magazine de skihorizon.com est un produit naturel élevé à l'air frais des Alpes et au Reblochon.
le format électronique respecte les arbres et la montagne est plus jolie.


Contactez La Marmotte Géante