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15-12-2000
 
Edition 3

La montagne et les sports d’hiver ont une relation paradoxale.
Les amateurs de glisse aiment la montagne et sont impressionnés par la grandeur de Mère Nature en ces lieux. N’oublions pas que, grâce au tourisme de grande échelle, beaucoup de villages montagnards existent encore et que des millions de personnes peuvent venir découvrir et apprécier la beauté de ce milieu extraordinaire. Cependant, ces adeptes des sports d’hiver constituent un des plus forts dangers pour l’environnement fragile qu’est la montagne. Pourtant, nous avons les moyens d’aider à la préservation de cet environnement.

Sports d’hiver et montagne
Vers le milieu du XXe siècle, les villages montagnards vivaient de plus en plus pauvrement. Il devenait clair que la culture et l’économie agricole de cette époque ne tiendraient pas longtemps. La pauvreté de ces villages causa un véritable exode, nécessitant de trouver une solution palliative. Celle-ci fut les sports d’hiver, devenus de plus en plus populaires parmi les élites urbaines d’Europe attirées par la sérénité de la montagne et le plaisir des sports de glisse. Aujourd’hui, cela a changé. Les sports d’hiver ne sont plus réservés aux élites, causant une croissance sans pareil. Le chiffre d’affaires du tourisme en montagne oscille de 70 à 90 milliards de dollars, et la fin de cette croissance n’est pas prévue.

La croissance de la popularité des sports d’hiver est suivie de très près par toutes les instances mondiales. Cela s’explique car il s’agit d’un environnement très délicat où des millions de personnes viennent passer leurs vacances. Même si la montagne a l’air imposante, impressionnante et puissante, c’est également un environnement extrêmement vulnérable, hébergeant de nombreuses espèces animales et végétales. Un mont peut ainsi abriter plus de 4 000 espèces, soit plus d’un quart des espèces connues aux Etats-Unis.

De plus en plus, les clubs alpins, gouvernements, stations et autres organisations présents en montagne formulent des codes de conduite pour la protéger. Ceux-ci sont très importants si l’on veut continuer à accueillir les skieurs dans un endroit propre et joli. En effet, malgré le grand nombre de visiteurs – ou plutôt grâce à eux –, les domaines skiables sont des endroits d’une beauté incroyable et ouverts à tous.

La préparation :
Aménagement des pistes et transports vers la station

Les sports d’hiver nuisent indéniablement à l’environnement des domaines skiables. Les dégâts commencent déjà bien avant que les premiers touristes n’arrivent en station. Les poids lourds utilisés pour préparer les pistes détériorent le substrat végétal lors de l’installation de grands chantiers, de leurs passages… . Les adeptes des sports d’hiver ne s’en rendent pas réellement compte car, lorsqu’ils arrivent en station, tout cela est caché par une couverture de neige blanche. Les remontées mécaniques sont cependant bien visibles, notamment leurs imposants pylônes. L’enneigement artificiel peut également nuire à l’environnement d’un domaine car les canons à neige utilisent environ 300 litres/minute d’eau ravie aux plantes.

photo Guillaume Lahure

Heureusement, les constructeurs tiennent de plus en plus compte de l’environnement. La Plagne, par exemple, a utilisé des hélicoptères pour apporter le matériel nécessaire à la construction d’une nouvelle remontée afin de prévenir la détérioration du terrain. De plus, les pylônes ont autant que possible été intégrés au paysage. Cependant, il est à noter que tous ces dégâts mentionnés sont limités aux domaines skiables qui ne constituent qu’une infime partie de la montagne, et qu’il reste encore beaucoup de zones non aménagées dans ces domaines. La Plagne utilise moins de 10 % des 10 000 h. disponibles du domaine, qui lui-même n’est qu’un avant-goût de ce que la montagne nous offre.

Une fois les pistes préparées - finalement ! –, c’est ensuite à nous, adeptes des sports de glisse, que revient la primeur d’aider à la préservation de l’environnement. Nous prenons en masse notre voiture pour être les premiers à profiter de la neige sans réellement optimiser le nombre de personnes à bord. En effet, plus il y a de monde dans une voiture, moins on nuit à l’environnement. Et ça, c’est important, parce que l’effet de serre fait que la neige tombe moins, qu’elle fond plus et que les risques d’avalanche augmentent. Cependant, le mieux pour l’environnement reste de prendre le train voire le bus. A noter que la combinaison des transport et forfait permet d’obtenir des réductions, et là l’environnement y gagne et vous aussi !

Sur et hors des pistes :
Respectons le milieu dans lequel nous évoluons

Après un long voyage en train bondé, en voiture pleine de gens, bagages et skis ou bien en bus où l’on ne peut pas bouger, les vastes pistes vous souhaitent la bienvenue. Vous prenez la première remontée mécanique pour profiter de la neige fraîchement tombée afin de respirer l’air frais et de jouir de la large vue sur les crêtes car vous l’avez bien mérité.

Si malgré l’air frais et les efforts sportifs, vous sentez le désir de fumer une cigarette, soyez prudent. Le sol au-dessous des remontées mécaniques ressemble peut-être à un cendrier, mais savez-vous qu’un mégot met au moins 2 ans à se dégrader ? Utilisez donc plus tôt un vrai cendrier, comme celui de Surfrider Fo

undation. C’est un cendrier de poche ; utile certes, mais surtout un cendrier à la cool. On transporte ainsi les mégots sans peine vers la poubelle.

Choisissez des itinéraires où il n’y pas une végétation trop jeune - photo Guillaume Lahure

Ce qui marche pour les mégots, fonctionne également pour les déchets (papier, chewing-gum…). Il est vrai que les stations nettoient les pistes en fin de journée, mais il est bien sûr mieux de ramener ses déchets soi-même. Un sac à dos est utile pour emporter quelque chose à manger et à boire et de plus, il servira aussi à porter les déchets vers les poubelles situées en station.

Si vous utilisez des itinéraires hors-pistes, votre sac à dos sera également utile pour porter votre matériel. Mais ramasser ses déchets ne suffit pas en hors-piste puisque l’on y trouve beaucoup de végétaux fragiles. Pour préserver cette partie essentielle de l’environnement de la montagne, il est important de choisir des itinéraires où il n’y pas une végétation trop jeune.

De retour en station, après avoir vidé votre sac à dos et – éventuellement – votre cendrier de poche, n’oubliez pas d’aller dans un bar ou restaurant pour prendre un chocolat bien chaud. C’est vrai, cela ne fait rien pour préserver ou nuire à la nature, mais c’est simplement agréable après une journée passée dans un endroit si impressionnant.


Texte : Onno Bosch

 

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