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15-11-2000
 
Edition 1

A l’heure où toutes ses cousines alpines préparent leur hibernation, la Marmotte Géante est allée faire un petit tour du côté des Diablerets. Au passage, elle a rendu visite à M. Jean-Paul Jotterand, directeur des remontées mécaniques. Si, en ce moment, les marmottes s’engourdissent, les directeurs de remontées mécaniques, eux, sont en pleine effervescence. Malgré cela, M. Jotterand a accepté de nous accorder un peu de son temps. Dès les premiers instants de la conversation, à son sourire lorsqu’il évoque la station, on est tout de suite renseigné sur un point : ici, on ne vend pas la montagne, " on aime la faire partager. "

 

Les Alpes vaudoises, une région de charme

 


Monsieur Jotterand

Situées au Nord du Haut Rhône et du lac Léman, en Suisse, les Alpes vaudoises représentent l’amarrage occidental des Alpes bernoises, dont des cimes comme la Jungfrau ont depuis longtemps assuré la célébrité. Celles-là n’ont cependant rien à envier à celles-ci : leurs sommets de plus de 3000 mètres, aux falaises calcaires imposantes, surplombent des vallons verdoyants où sont venus se nicher quelques villages montagnards. Côté climat, Jean-Paul Jotterand nous rassure tout de suite : " Aux Diablerets, on n’a jamais de brouillard. Et le climat fait que l’enneigement est plutôt bon : le massif des Diablerets est la première barrière sur les vents d’Ouest. " Aussi certains villages se sont petit à petit métamorphosés en stations de sports d’hiver, comme Leysin, les Diablerets, Villars, Gryon, ou les Mosses. Situés à moyenne altitude, de 1100 à 2200 mètres, on y skie des vacances de Noël aux vacances de Pâques. De nombreuses familles viennent y passer la semaine, car " le terrain est doux à l’œil, et ne présente pas de grands dangers naturels. Et côté hébergement, il existe autre chose que des hôtels. " Du premier téléski construit aux Diablerets en 1941 au tout nouveau téléphérique qui nous emmène en 15 minutes au glacier de Tsanfleuron, l’aménagement s’est fait en douceur et la montagne n’a pas été mutilée. " Les villages ont conservé un charme authentique. D’ailleurs, les habitants ne les désertent pas dès la fin de la saison touristique. " Pour autant, les remontées mécaniques ne rappellent pas les souvenirs de notre grand-père skieur. Profitant d’un plan d’aide au renouvellement adopté au début des années 90 par le canton de Vaud, bon nombre de "vieux teuf-teufs" ont été remplacé par des télésièges ou des télécabines performants. Seules quelques remontées permettront aux nostalgiques de retrouver ce qui était le fleuron technologique des années 60.

 

L’autre visage des Diablerets


"Les Diablerets" - Photo Office du tourisme des Diablerets

A en croire la description qui précède, on ne serait guère étonné de croiser Heidi trotter en chair et en nattes parmi les alpages. Mais, dès que l’on prend la peine de lever le nez, le regard bute inévitablement sur les falaises qui veillent sur le village des Diablerets. On devine alors une tout autre dimension. Quelque 2000 mètres plus haut se tient l’attraction phare de la région : le glacier de Tsanfleuron, internationalement connu sous le nom de glacier des Diablerets. La période d’activité ? Toute l’année… Ou presque : " Le glacier est accessible toute l’année, sauf au mois de mai, où les remontées mécaniques sont fermées pour subir leur révision annuelle. On peut donc monter apprécier la vue 11 mois dans l’année. Les périodes de ski sur glacier, pendant lesquelles 3 téléskis et 1 télésiège sont ouverts, s’étendent de juin à mi-août, puis de fin septembre à Noël. Dès qu’il neige à moyenne altitude, on ouvre le ski sur le territoire bernois. " On peut alors rejoindre skis aux pieds le vaste domaine de Gstaad. Peut-être dans l’espoir secret d’y croiser Roger Moore…

A part ce dernier, on pourrait se demander ce qui fait le succès du glacier. Et bien… tout d’abord, … c’est un glacier ! " Quelle que soit la saison, on est certain d’y trouver de la neige en quantité suffisante. " Et puis, il y a le panorama. Vues de là-haut, les Alpes sont comme un petit monde à nos pieds. Il devient bien difficile de dresser l’inventaire du public susceptible d’être séduit par l’endroit. M. Jotterand nous aide un peu : " On trouve des gens en petits souliers, des randonneurs glaciaires, des skieurs de fond (surtout en été et en automne), des skieurs de tous niveaux, et des snowboardeurs. D’ailleurs, le half-pipe et le snowpark sont très reconnus. Il faut dire que les conducteurs des engins qui les entretiennent sont eux-mêmes snowbaoardeurs. "

 

Aux petits soins pour le glacier


" Les pioches du Dôme"

Inutile de dire alors que le glacier bénéficie de toutes les faveurs. La société "Glacier 3000 Région Les Diablerets – Gstaad", fondée en 1993 dans le but de rénover et d’exploiter toutes les remontées mécaniques du massif des Diablerets, a consenti un plan d’investissement de 77 millions de Francs suisses. Il a rendu possible " le renouvellement complet de toutes les installations du glacier, la construction du téléphérique du col du Pillon, achevée en automne 1999, et l’équipement d’une partie du domaine en gazex [dispositifs de sécurité avalanche, efficaces quel que soit la météo, ndlr]. " Depuis, près de 180 000 visiteurs ont rendu visite aux neiges éternelles, " sans avoir à monter ou descendre la moindre marche d’escalier. Au printemps 2001, la station d’arrivée comportera en son sein un restaurant d’altitude, conçu par l’architecte Mario Botta [à qui l’on doit notamment la cathédrale d’Evry et le musée d’art moderne de San Fransisco]. L’installation étant exploitable de nuit, les gastronomes tardifs pourront même déguster en toute tranquillité un repas face au soleil couchant. " En tout cas, ceux qui ont frôlé la fracture du coccyx en descendant des escaliers trop raides, qui ont cru étouffer en montant des marches interminables ou qui ont échappé de peu à la broncho-pneumonie en passant par une succession de chauds et de froids apprécieront particulièrement ce téléphérique !

 

Les laissés-pour-compte

Finalement, avec tous ces villages, le glacier et la possibilité de skier vers Gstaad, chacun, pourrait en théorie trouver son bonheur dans les Alpes vaudoises. Chacun ? … En fait pas vraiment : les noceurs se plaindront certainement de la cure de sommeil qui leur serait imposée là. Les boîtes de nuit ne sont pas légion. Mais c’est sans doute parce qu’on n’a pas besoin de ça pour séduire…


Texte et photos : Laurent Schillinger

 

 

 

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