home
English Deutsch Nederlands Italiano trans
spa horizon travel horizon
trans trans
Toutes vos vacances au ski, le conseil en plus !
trans
trans trans
trans Contactez-nous
contact Contactez-nous
contact Recevez nos meilleures offres

15-12-2000
 
Edition 3

Portrait : organisateur d'évènements

Monsieur Loyal, businessman et bouc émissaire, le métier d'un organisateur d'évènement nécessite d'avoir plusieurs casquettes. Au cours de ce deuxième portrait de professionnels de la montagne, Gérard Rougier nous montre sa collection.

Bonjour. Pourriez-vous en quelques mots vous présenter à nos chers internautes ?
Gérard Rougier, 36 ans, fondateur de l’Association Française de Snowboard en 1987. Après 7 ans de Présidence, j’ai cédé la place pour devenir Directeur Général de cette même association. J’ai un diplôme de moniteur de ski en poche et je suis snowboarder depuis décembre 1985.

Quel a été votre parcours pour arriver à ce poste ?
Sport-études jusqu’en terminale C, compétiteur de ski, diplôme de moniteur de ski, mono-skieur puis snowboarder de la première heure, compétiteur de snowboard, fondateur de l’AFS, 1er président pendant 7ans, responsable de l’organisation du circuit de compétition nationale pendant 8 ans et depuis 5 ans DG.

Quelles sont les grandes étapes de fabrication d'un évènement ?
Le concept, la mise en place du cahier des charges entre l’organisateur et la station d’accueil, la construction du plan média, la recherche de partenaires et de financement, la fabrication du matériel technique et promotionnel, la constitution de l’équipe, la promotion et la communication, enfin la réalisation.

De quelle manière appréhendez-vous la sécurité des spectateurs sur vos évènements ?
La sécurité des spectateurs comme des riders est primordiale. Nous avons la charge de tout mettre en œuvre pour garantir la sécurité de tous et ceci, grâce au service public de la station.

Dans le feu de l'action, quels sont vos principaux soucis et comment partagez-vous votre temps ?
Le principal souci sur l’événement est que tout se déroule à la perfection. Le plus important est d’avoir suffisamment de recul pour disposer d’une vision globale et de prendre les décisions qui s’imposent en temps réel.

Une fois l'évènement terminé, quelles sont les dernières tâches de l'organisateur avant de pouvoir mettre un point final à son action ?
Tout ranger et ça dure encore longtemps après car, il y a toute la partie débriefing des partenaires et constitution des dossiers de bilan, presse, technique… . La phase post-évènement dure environ 2 mois.

Quelle est, selon vous, la partie la plus intéressante de votre travail et inversement, quelles tâches vous semblent les plus fastidieuses ? Avez-vous des anecdotes ?
Tout est intéressant car il n’y a pas de répétition des choses. Les événements qui se produisent, même s’ils se ressemblent, ne sont jamais les mêmes. Des anecdotes… perdre le sponsor principal à 10 jours de l’événement : Vuarnet en 1992… un hiver sans neige où il faut modifier le choix des stations en dernière minute (hiver 1989).

Depuis quelques années, les médias et les grandes marques communiquent sur la pratique des sports extrêmes. Est-ce que vous pensez que l'investissement qu'ils apportent a poussé les organisateurs et coureurs à favoriser le spectacle au détriment de la sécurité ?
Depuis le début de ces sports, il y a des sponsors qui investissent ? Non, je ne pense pas que l’investissement des marques pousse qui que ce soit à favoriser le spectacle au détriment d’autres choses. Le spectacle fait partie intégrante de ces nouveaux sports ; toute la subtilité est dans le respect des acteurs. Il faut savoir qu’un évènement sans coureur n’existe pas, mais l’inverse est également vrai : un évènement sans organisateur et sponsor n’existe pas non plus. Il faut donc travailler l’équilibre et que chaque partie respecte l’autre.

Aujourd'hui, afin de faire découvrir la montagne à un public hétéroclite, de plus en plus d'évènements "urbains" sont organisés. Ne courons-nous pas le risque de banaliser les dangers que représente la montagne et le respect qu'elle impose ?
L’évènement urbain n’est intéressant que pour médiatiser des stars dans un sport et faire que les pratiquants lambdas s’y identifient. Le reste me semble obsolète. On ne fera jamais découvrir la montagne et ses merveilles aux gens, en mettant quelques m3 de neige en ville. Pour ce qui est du danger en montagne, il est réel et si nous voulons faire quelque chose, il faut faire de l’éducation et de l’information… . Il ne me semble pas que les urban events aient cet objectif aujourd’hui.Il y a dix ans, face à l'évolution des chaînes satellites/câblées spécialisées, les grandes chaînes hertziennes ont préféré concentrer leurs moyens financiers dans les sports grand public. De votre côté, par rapport à votre "cible", préférez-vous concentrer vos efforts médiatiques sur des supports spécialisés ? En d'autres termes, pensez-vous que les investissements deviennent trop importants lorsque l'on veut aborder des supports grand public ?
Nous concentrons nos efforts pour faire en sorte que le snowboard devienne un sport de masse toute proportion gardée. Par conséquent, nous devons axer notre travail sur la grande presse généraliste et grand public. Le snowboard doit sortir de son microcosme s’il veut subsister. Nous devons arrêter le nombrilisme ambiant. Si la volonté des snowboarders est d'être connu et reconnus en tant que tels, il faut faire en sorte, entre autres, d’obtenir un statut de professionnel pour les moniteurs de snowboard… .

Est-ce qu’Internet, avec ses coûts de production et de diffusion peu élevés, représente le média qui va élever les évènements sports d'hiver au grand public ?
Je ne crois pas. Le Net fait partie des nouveaux médias. Il va devenir important, il va faire évoluer les médias TV existants, mais j’ai du mal à croire que les grands de la presse ne trouvent pas le moyen de l’utiliser à leur compte, et donc de le rendre beaucoup moins créatif dans les années à venir. J’ai l’impression que ça va faire comme à la grande époque des radios libres et de la FM : beaucoup de créativité au départ et une énorme récupération en finalité.

Outre atlantique, nous pouvons constater une différence sur l'importance des évènements neige et les moyens mis en œuvre pour les organiser. D'après vous, que manque-t’il en France : moyens financiers, investissements des médias, des stations... ?
L’intérêt pour la neige… . En France, les sports rois sont le foot, le rugby, la F1, le tennis encore un peu et puis c’est tout. Les Français n’ont pas la culture neige.

D'après vous, quelles sont les principales évolutions qui peuvent, à moyen ou long terme, changer radicalement notre, votre (en tant qu'organisateur) vision des évènements neige ?
Le manque de neige et la non-prise en considération (pour des histoires de fric) des problèmes écologiques par les grands de ce monde sont catastrophiques. Si nous n’arrivons pas à faire changer ça en devenant responsable et impliqué, la terre va certainement muter et c’est grave… . Mais ça dépasse le cadre de l’organisation d’évènements : c’est de notre planète dont il est question et de la vie de nos enfants…

Texte : Charles Glass & Gérard Rougier
Photos : Gérard Rougier

 

retour au sommaire

le magazine de skihorizon.com est un produit naturel élevé à l'air frais des Alpes et au Reblochon.
le format électronique respecte les arbres et la montagne est plus jolie.


Contactez La Marmotte Géante