home
English Deutsch Nederlands Italiano trans
spa horizon travel horizon
trans trans
Toutes vos vacances au ski, le conseil en plus !
trans
trans trans
trans Contactez-nous
contact Contactez-nous
contact Recevez nos meilleures offres

23-02-2001
 
Edition 7

 

Johann Grégoire
skieur de bosses professionnel

Johann Grégoire (28 ans), de Tignes, est membre de l'équipe de France de ski de bosses. Champion du monde en 1999, il ne compte pas s'arrêter là. " L’année prochaine je vais aller aux jeux olympiques et je vais les gagner. "

Portrait d’un skieur professionnel qui aime son sport (" on se fait toujours plaisir, que ce soit en compétition ou en entraînement ") qui aime en parler ("  Le ski de bosses ne passe pas trop à la télé; Il faut en parler "), mais c'est surtout un personnage spontané et sympathique.

" Je ne peux pas vivre sans le sport. C’est une drogue. "

I. Le parcours

Avant de devenir champion du monde de ski de bosses, Johann a suivi un parcours peu orthodoxe. " En fait, je ne suis pas originaire de Tignes, je suis de Nancy. Mes parents ont ouvert un commerce à Tignes " ; c'est donc à l'âge de douze ans que Johann monte pour la première fois sur des planches. Les débuts furent difficiles puisque le Club de Sports jugea qu'il n'avait pas le niveau pour de la compétition de ski alpin. Les bosses se présentèrent alors comme une alternative même si là encore il dut faire preuve de persévérance : " au début c’est vrai que je l’ai mal pris, parce que je voyais cela comme une voie de garage. J’étais le premier de la section "ski de bosses", je m’entraînais tout seul. Après, avec le recul, ce n’était pas une mauvaise idée. " Johann eut néanmoins raison d'insister, et progressa rapidement. " J’ai commencé par des coupes de France. J'en ai gagné quelques-unes et j’ai fait les championnats de France. Aux championnats de France, les coaches de l’équipe de France sont là pour recruter les jeunes. Ils m’ont sélectionné pour les coupes d’Europe. J’ai gagné en coupe d’Europe et j’ai été sélectionné pour les coupes du monde. Et j’ai gagné les Championnats du Monde." 

II. Les performances

Après les lauriers récoltés en 1999 Johann a décidé de rester chez lui à Tignes cette saison afin préparer la saison avec l’entraîneur du club de Tignes au lieu de s'entraîner avec l’équipe de France.

Comment se sont déroulés ces entraînements ?
" Bien et pas bien. Bien parce qu'on a fait un très bon boulot avec mon entraîneur. Et pas bien parce qu’on a eu de gros problèmes de neige. Elle n'était pas au rendez-vous, on a eu du mal à trouver des bosses. On n’a pas pu s’entraîner à cent pour cent, parce qu’il n’y avait pas de stades de bosses réservés pour nous. "

Conséquence immédiate de ses conditions mitigées, la première compétition fut difficile. Dans sa station de Tignes, le mauvais temps a gâché la course de Johann.

" C’était carrément la tempête de neige. Donc je rate ma première coupe du monde, ce qui est bien dommage. On n’a pas eu de coupe de monde en France pendant deux ans et en plus c’était à Tignes, donc chez moi. Il n’y avait pas mal de gens qui s’attendaient à ce que je fasse un résultat. Mais bon, c’est la course, c’est comme ça. "

Le siècle sitôt terminé, Johann s'est envolé pour les Etats-Unis, le Canada, et le Japon pour rejoindre l’équipe française sur le cirque blanc avec les Championnats du Monde en ligne de mire.

" J’ai commencé par les championnats du monde. Je mettais mon titre à jeu et j’ai fini troisième. C’est bien, parce que j’ai fait deux podiums en deux championnats (les championnats du monde se déroulent tous les deux ans NDLR). J’étais assez content, mais pas tout à fait bien sûr puisque je n’ai pas pu garder mon titre. "

Les difficultés n'ont cependant en rien entamé sa détermination, et ses ambitions sont intactes pour les prochaines olympiades de Salt Lake City en 20002.

" L’année prochaine je vais aller aux jeux olympiques et je vais les gagner. J’aimerais bien, oui. La saison va finir fin avril. Là je vais vraiment attaquer l’entraînement physique à fond et après recommencer le ski au mois de juillet et août, toujours avec des entraînements physiques, jusqu’en décembre. L’objectif principal c’est les Jeux Olympiques." 

III. Le plaisir

Pour ceux qui penserait que le plaisir de skier est le prix à payer d'une telle ambition, Johann remet les pendules à l'heure:

" Le ski de bosses regroupe toutes les facettes du ski en général… L’acrobatie pure, le ski technique, c’est vraiment varié. Pour les entraînements en ski alpin on était dans les piquets toute la journée. En ski de bosses, on se fait toujours plaisir, que ce soit en compétition ou en entraînement. C’est une glisse acrobatique. "

Pas de doute, même s'il regrette un peu la tendance à l'aseptisation du domaine skiable qui touche toutes les stations, le ski de bosses lui apporte toujours autant de plaisir. Alors s’il n’y a pas ni compétitions ni entraînements, on pourra retrouver Johann au détour d'une pente vierge. " Ce qui est un peu dommage en France, c’est qu’ils dament toutes les pistes. Elles sont presque toutes les mêmes. Les machines, les bulldozers, passent dessus et enlèvent tout ce qui est"  bosse". Il n’y a plus de sites naturels. Ça, c’est un peu dommage. "

" S’il y a eu vraiment beaucoup de neige, on va chercher la poudreuse. Ça, c’est vraiment top. Puis aller faire des bosses, des sauts, des sauts de barres rocheuses ou de corniches, c’est la journée idéale : se faire plaisir, aller à l’aventure là où il y a des bosses, des couloirs, et des arbres. "

IV. Médiatisation du sport

Actuellement, le ski de bosses souffre d'une faible médiatisation et à bien du mal à se faire une place entre ski alpin et ski new school. Peut-on dire que le ski de bosses se trouve dans l’ombre du ski free style ?


Les skieurs de bosses ont toute les cartes en main - Johann montre ça pendant le Shooting 2000...

<< Quicktime 4 vidéo - 540KO >>

" C’est délicat d’en parler, parce que le ski de bosses, et ça fait quelques années déjà, n'est pas réellement diffusé à la télévision. Il y des disciplines plus jeunes comme le big air qui sont plus médiatiques, où il y a plus de jeunes et plus de marques qui suivent. C’est plus actuel, du free style pure. Il faut dire que beaucoup de freestylers et freeriders faisaient du ski de bosses avant. Nous, les skieurs de bosses, on a toutes les cartes en main ; une base d’acrobatie et de ski pur. Donc on peut tout faire après." 

Alors où est-ce que le bât blesse ?
" Est-ce que les gens qui s’occupent du ski de bosses à la fédération font vraiment tout pour la discipline ? Je ne sais pas, mais je ne pense pas. Donc le problème vient aussi peut-être de là. Ce n’est pas seulement le free style qui fait de l'ombre au ski de bosses, c’est peut-être un problème qui vient du ski de bosses lui-même. "

Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour redynamiser le ski de bosses ?
" Déjà que les fédérations et surtout les médias nous suivent davantage. Pour que les médias nous suivent plus il faut qu'ils aient envie de parler de ce sport. Il faut des gens qui s’occupent de ça, exactement comme dans le free style. Pourquoi les gens aiment-ils le free style ? Parce qu’en ce moment c’est une tendance que l'on voit partout et dans tous les sports." 

" Le ski de bosses, on ne le voit pas à la télé. C’est pour ça qu’il faut qu’on le re-dynamise. Ce sport n’est pas en train de tomber, il a démarré depuis longtemps, mais il a du mal à rester en surface. "

Est-ce pour cela que tu t'impliques autant ?
" Oui, pour ça. Et puis pour mon image personnelle. C’est vrai que je fais pas mal de trucs à côté grâce à mon titre de champion de monde. C’est aussi pour ça que je parle beaucoup du ski de bosses parce que je n’ai pas envie que le ski de bosses se perde. Je trouve ça dommage. "

V. Reconversion d'un champion

" De toute façon je ne vais pas quitter le ski, parce qu’il serait dommage de lâcher ma passion. J’ai quand même un nom dans le ski, donc je vais rester un peu dans ce milieu soit dans le free ride, soit dans les bosses. Pourquoi ne pas monter une école de ski avec mon nom dans les Alpes ? Par contre, je n’ai pas envie de rester à Tignes, toute l’année. J’ai envie d’habiter dans le sud de la France, au bord de la mer. J’ai envie d’un peu de soleil, j’ai un peu marre d’être dans le froid toute l ‘année. "

" J’aimerais bien rester dans les sports de glisse. Le ski nautique, ça me plairait bien. Je fais du wakeboard. J’aimerais bien monter une école nautique pour l'été et une école de ski pour l’hiver." 

Alors le sport pendant toute l’année ?
" Oui, une vie dans le sport. Je ne peux pas vivre sans le sport. C’est une drogue. "

Texte: Onno Bosch

 

retour au sommaire

le magazine de skihorizon.com est un produit naturel élevé à l'air frais des Alpes et au Reblochon.
le format électronique respecte les arbres et la montagne est plus jolie.


Contactez La Marmotte Géante