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Idyllique
ou éthylique
Je ne vous
apprends rien ! Vous savez tous que Noël est là, que
nous arrivons en fin d'année pour entrer allègrement
dans le 3e millénaire. Nous sommes pleins de bonnes résolutions
pour l'année à venir, et nous allons tirer les enseignements
de nos réussites et échecs de cette bonne vieille
année 2000.
C'est dit
c'est fait
. Maintenant revenons à des choses plus
pragmatiques nous concernant de plus près, nous amoureux
de la glisse hivernale. Cet hiver, nous allons pouvoir vivre quelques
(pour certains) ou de nombreux (pour d'autres) jours de ski exceptionnels
où toutes les conditions seront réunies : 40 cm
de neige fraîche, manteau neigeux stable et grand ciel bleu.
Mais s'il y a une journée à ne pas rater, c'est
celle du 1er janvier. Je sais, beaucoup d'entre vous me diront
que le réveillon est fait pour réveillonner jusqu'à
point d'heure, debout sur les tables, et que le lendemain, après
une soirée inoubliable (en partie oubliée), les
sanctions se font vite sentir : levé à 14 heures,
bouche pâteuse, mal à la tête et plutôt
envie de repos que de ski.
Mais connaissez-vous
cette sensation particulière de faire partie des rescapés
après la tempête de la veille ?
Neuf heure
du matin, première remontée sans file d'attente.
Vous êtes seul. Tous les amis à qui vous avez donné
rendez-vous, entre deux verres de champagne, ne sont évidemment
pas là. Même après une courte nuit, la légère
brise de ce matin ensoleillé suffit pour vous réveiller.
Plutôt frais et dispo, vous arrivez au sommet des pistes.
Contemplant de haut la station encore endormie, vous profitez
de cet instant, juste assez pour quelques pensées pseudo-philosophiques
propres à votre humeur du moment. La neige, sous vos spatules,
fait ce petit bruit si particulier qui lui est propre lorsqu'elle
est d'une qualité exceptionnelle. Comme souvent au 1er
janvier, une vingtaine de centimètres de neige fraîche
est tombée la veille. Silence total
personne à
l'horizon
les pistes sont désertes
il est alors
possible de prendre son temps. Mais pas trop car à ce moment
précis, un pur sentiment d'égoïsme vous monte
à la tête : la pente est à vous et vous seul
.
Il est midi,
trois heures de bonheur intime se sont écoulées.
Vos quelques efforts physiques ont nettoyé ceux de la veille
: vous êtes en pleine forme. Les premiers fêtards
arrivent, tous moins frais les uns que les autres. Ils mettront
la journée à s'en remettre. Ce n'est pas grave après
tout. La totalité des faces fraîchement enneigées
ont déjà été tracées par vous-même
et quelques autres illuminés matinaux.
Alors préparez
dignement ces festivités de fin d'année, mais avant
de vous "retourner la tête" le soir du 31, posez-vous
une question d'importance : préférez-vous finir
ou commencer l'année de façon mémorable ?
Christophe
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