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1-12-2000
Edition 2
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Le
snowboard
son histoire, ce qu'il est devenu, ses personnages et son actualité...
V. Jealouse
- Photo: Burton / Jeff Curtes
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Voici
en quelques lignes, une vision partielle de ce fabuleux sport qui a
littéralement transformé le monde de la glisse. Il est
apparu opportun de mettre en avant son évolution car ce sport
est à la base d'une révolution à laquelle nous
assistons depuis une quinzaine d'années sur nos pentes enneigées.
Freestyle, freeride, carving, véritable style de vie
.
Même si ses notions existaient de façon élitiste
à l'époque, le snowboard a su créer l'engouement
et engendrer une demande qui a tout bouleversé, de la technologie
du matériel aux infrastructures d'accueil en passant par la pratique
de la neige... tout cela au sens large du terme et toutes glisses confondues.
Merci à lui.

Il
était une fois...
Conception
:
Le snowboard est
né dans les années soixante aux Etats-Unis, après
avoir trotté dans la tête de quelques surfeurs d'eau et
skaters. Nous ne savons pas vraiment d'ailleurs, qui des trois personnalités
Tom Sims, Paul Graves ou Sherman Poppen, en a eu l'idée en premier.
Je dois avouer avoir un faible pour l'histoire de Sherman qui construisit
ces premières planches pour les offrir à ces deux filles
à l'occasion du 25 décembre 1965. De toute façon,
remettons les pendules à l'heure. Remercions ces "indigènes"
Hawaïens d'avoir tout simplement inventé, depuis plusieurs
siècles déjà, la glisse en position latérale.
Mais revenons aux années 60. A cette époque, le matériel
est plutôt rudimentaire : pas de fixation, une dérive,
une poignée reliée à la spatule par deux cordons
et un nom plutôt singulier : le "Snurfer".
Naissance :
Au début
des années 70, Dimitri Milovitch et Don Moss fondent Winterstick
(première industrie), suivi de Sims en 76 et de Burton en 77.
Burton apporte
une évolution considérable grâce notamment aux carres
permettant enfin la pratique "extra poudreuse". C'est d'ailleurs
au cours de la saison 76-77, que le premier snowboard apparu en France,
à Tignes, aux pieds de Monsieur Authier déjà pionnier
du ski acrobatique.
S. Vitell
i - photo : A Snowboard / P Fragnol
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Enfance
:
Dans les années 80, le snowboard commence à se frayer
un chemin de plus en plus prometteur dans le milieu "hostile"
de la montagne. Malgré un nombre de pratiquants de moins en moins
marginal, le snowboard n'est pas encore totalement accepté. D'ailleurs,
à cette époque, il est relativement difficile d'accéder
aux remontées mécaniques réservées aux traditionnels
skieurs. Ajouter un hiver 85 dépourvu de neige et nous pouvons
facilement imaginer dans quel climat défavorable le snowboard
s'est installé. Malgré cela, rien n'entâche la progression
du nombre de pratiquants. Depuis le début, le snowboard n'est
pas considéré comme un sport mais comme un véritable
style de vie, s'appuyant sur de puissants référents appartenant
déjà au monde du skate et du surf d'eau. Face à
ce début prometteur, l'industrie du snowboard investit et se
développe à très grande vitesse. Les technologies
issues du milieu du ski sont enfin utilisées dans la conception
des planches. Les résultats sont époustouflants, rendant
la pratique beaucoup moins élitiste et beaucoup plus efficace.
Logiquement, les premières compétitions apparaissent.
Adolescence
:
En 1990, le snowboard explose. La pratique devient de plus en plus populaire.
Mais l'adolescence est souvent synonyme de crise. Le snowboard est le
premier sport montagnard à s'être ouvert au milieu urbain.
Cette nouvelle population, en manque de repères dans cet environnement
traditionnel, pose ces propres marques plutôt décalées
et extrémistes. Le mouvement "trash" apparaît
: tenue et discours excentrique, non-respect de la montagne et de ses
usagés, valeurs radicalement opposées où dépassement
de soi, découverte de la nature, pratique réservée
à une élite sociale sont devenus désuets. Heureusement,
ce mouvement s'estompa en 95. Contre toute attente, cette véritable
gifle a fait grandement avancer le snowboard dans sa quête de
reconnaissance. Dans le souci de canaliser la vague grandissante de
ces nouveaux consommateurs (effrayant les anciens), les décideurs
des stations de sports d'hiver ont enfin pris la sage décision
de se mettre à l'écoute et de répondre aux attentes
des pratiquants.
Maturité :
La reconnaissance suprême de l'existence d'un sport passe par
sa présence aux Jeux Olympiques. Le 8 septembre 1994, lors d'une
conférence de presse à Munich, M Marc Holder, alors vice-président
du CIO, déclare : "Le snowboard sera officiellement discipline
Olympique pour les JO de 2002". Raté M. Holder. Le snowboard
a encore surpris tout le monde et c'est en 1998, à Nagano, que
des millions de téléspectateurs ont pu suivre les péripéties
de quelques coureurs un peu déboussolés face à
la grandeur de l'événement. Ce fait mis à part,
le snowboard a enfin trouvé sa place dans le paysage des sports
de montagne. L'énorme taux de croissance des pratiquants commence
à faiblir, tout en restant honorable. Les structures d'apprentissage
(écoles), d'accueil (snowparks) et de compétition (fédérations)
ont le temps de s'adapter et fonctionnent pour le mieux. Une nouvelle
ère s'annonce : celle de la pérennité.

Les
différents types de pratique, le matériel et la compétition...
Même
s'il n'est généralement pas très sympathique de
mettre des étiquettes à tout va, il est toutefois possible
de dissocier le monde du snowboard en trois grandes familles plus ou
moins distinctes.
-Le Carving :
Les adeptes du Carving sont tous à la recherche de la courbe
parfaite. Les planches sont plutôt étroites et fermes.
Les chaussures sont également rigides afin de mieux transmettre
toute la puissance du snowboarder sur la neige. La vitesse et l'efficacité
sont les deux principaux buts recherchés par ces pratiquants.
Deux disciplines sont à leur disposition pour s'exprimer en compétition
:
L'Alpin (géant
ou slalom) discipline olympique se pratiquant en parallèle ou
en "single".
Le Boardercross inspiré du motocross, où les concurrents
s'élancent à 6 de front dans un parcours aménagé
de bosses, "oops", virages relevés et autres modules.
Malgré le côté parfois aérien du parcours,
cela reste une discipline de vitesse puisque c'est "le premier
en bas qui gagne".
-Le Freestyle :
Pratique pour le moins aérienne, le freestyle a connu un véritable
boom dans le milieu des années 90. Le principe est simple : le
snowboarder doit passer la plupart de son temps dans les airs afin de
réaliser les figures (ou tricks) les plus spectaculaires possible.
Les planches sont larges, petites et flexibles. Les chaussures souples
renforcent cette sensation de maniabilité, aussi bien sur la
neige que lors de la réalisation des figures. Le snowpark est
le terrain de jeux favori des freestylers. Plusieurs disciplines sont
à leur disposition. Le half pipe (discipline olympique) est un
demi tube de neige largement inspiré des rampes de skate, où
le concurrent réalise ces tricks à la verticale du coping
lors de sa descente. Le big air est une énorme bosse sur laquelle
le snowboarder prend son envol pour s'exprimer. Le slope style, parcours
aménagé de nombreux modules, laisse libre cours au freestyler
d'exécuter ces figures en fonction de son humeur. Toutes ces
disciplines sont jugées afin de déterminer le vainqueur.
Le
Freeride :
Le terrain de jeu des freeriders se situe loin des pistes surpeuplées.
Parfois proche de l'alpiniste, ce snowboarder n'hésite pas à
marcher quelques heures pour assouvir ses besoins d'évasion et
de dépaysement. En osmose avec l'environnement montagnard, son
penchant pour l'extrême l'entraîne vers ses deux activités
favorites : "manger" de la poudreuse et sauter les barres
rocheuses. Sa planche est large et, tout comme ces chaussures, plutôt
rigide. Ceci lui apporte plus de portance dans la poudreuse et une meilleure
réactivité à grande vitesse. Il existe quelques
compétitions de freeride voire d'extrême où le concurrent
est jugé sur sa fluidité, son efficacité et sa
capacité à dévaler les terrains les plus inaccessibles.

Les
têtes d'affiches :
Plusieurs
pratiquants ont marqué le monde du snowboard et sa courte histoire.
Voici quelques noms qui jaillissent le plus souvent de notre mémoire.
- Régis Rolland (Français), dans les années 80,
fit découvrir au monde entier le snowboard grâce à
ces films aux scénarios inégalés : Apocalypse Snow
1, 2 et 3.
Terje Haakonson
- Photo Burton / Jeff Curtes
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- Craig
Kelly (Américain) est un des premiers surfeurs professionnels.
Il fit ses débuts chez Burton qui lui offrit un des premiers
pro-models sur le marché : la Kelly Air. Il affirma sa notoriété
par un style fabuleux en freeride (de l'esthétique pure). Depuis,
Craig a monté une base d'héliportage au Canada.
- Shawn Palmer est l'archétype du show man américain.
Son nom tatoué en grand sur son torse, une planche aux couleurs
de son pays, Shawn a toujours privilégié les sauts énormes
et spectaculaires à la technique pure. C'est le seul participant
(et vainqueur potentiel) des Xgames qui se permet de courir le Boardercross
dans les quatre disciplines : snowboard, ski, VTT et skidoo. À
la question "comment fais-tu pour allier performance et polyvalence
? ", il répond que c'est normal car il est le meilleur.
- Terje Haakonsen
(Norvégien) est un peu le Tony Hawk du snowboard. Tout simplement
le meilleur freestyler au monde depuis 10 ans, son style, sa technique
et son amplitude n'ont pas encore été égalés.
Il se permet même de bouder certains événements
majeurs comme les JO entre autre, afin d'être en harmonie avec
sa propre conception de la pratique du snowboard. C'est le seul à
pouvoir le faire sans que sa suprématie soit remise en cause.
- Serge Vitelli (Français), surfeur d'eau et snowboarder, a marqué
son temps, la pratique du snowboard et celle de la glisse sur neige
en général, grâce au mythique Vitelli Turn. Le V-Turn
est un virage effectué avec un tel angle que le snowboarder est
littéralement couché sur la neige. Même si ce mouvement
est courant de nos jours (en snowboard et en ski), Serge a longtemps
été le seul à maîtriser le sujet.
- N'oublions pas les premiers médaillés des Jeux Olympiques
de l'histoire du snowboard, à Nagano en 1998. Géant :
Karine Ruby (France) et Ross Rebagliati (Canada) - Half pipe : Nicola
Thost (Allemagne) et Gian Simmen (Suisse).

Les
évènements 2000 / 2001...
Pour suivre votre snowboarder préféré tout au long
de la saison à venir, voici un tour d'horizon subjectif des évènements
majeurs ne pas rater.
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1)
Compétitions internationales :
- Yoz Winter Opening
12 au 19 novembre 2000 / Soelden - Autriche / Géant parallèle
- Boardercross
- FIS World Championship
22 au 28 janvier 2000 / Madonna di Compliglio - Italie / Slalom
Géant, Parallèle GS, Parallèle Slalom, Half
Pipe et Boardercross
- XGames
1 au 4 février 2001/ Mount Snow Vermont - USA / Big Air
- Slope Style - Boardercross
- ISF Tour Finals
03 au 08 avril / Laax - Suisse / Boardercross
09 au 14 avril / Davos - Suisse / Dual - Half Pipe
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2)
Epreuves Mythiques :
- Mount Baker Legendary Banked Slalom
26 au 28 janvier 2001 / Mount Baker - USA / Bank Slalom
- US Open
12 au 18 mars 2001 / Stratton - USA / Boardercross et Half Pipe
- Derby de la Meije
5 au 7 avril 2001 / La Grave - France / Derby
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3
) Extrême :
- Verbier Xtreme
24 et 25 mars 2001 / Verbier - Suisse / Extrême
- King of the Hill
1 au 12 avril 2001/ Valdez - Alaska / Extrême |
4)
In Town :
- Paris Liberty Surf
3 au 4 février 2001 / Paris - France / Big Air
- Freestyle.ch
21 au 23 septembre 2001 / Zurich - Suisse / Big Air |

Texte
: Christophe Raschetti
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